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13 novembre 2008

Université d’automne du SNUipp : enseigner, un métier qui s’apprend !

Des représentants nivernais du SNUipp étaient cette année encore à la Londe les Maures, à l’occasion de l’Université d’automne du SNUipp. Compte-rendu par Emmanuel Loctin de l’atelier proposé par Frédéric Saujat, maître de conférences à l’Université d’Aix-Marseille. Face aux dangers qui menacent aujourd’hui la formation des enseignants, il faut à la fois défendre le principe d’une véritable formation des enseignants et transformer le dispositif actuel pour mieux répondre aux enjeux d’une formation professionnelle en alternance. Pour cela, la prise en compte de l’activité réelle des enseignants constitue un point d’appui.
F. Saujat adopte un regard ergonomique sur le travail et la formation des enseignants. Cela lui permet d’avoir une observation fine et complète. Son étude montre qu’il y a un fort écart entre les prescriptions et la réalité du terrain. Cela oblige les collègues à « bricoler ». De plus en plus, on change les repères de l’école. Seul un investissement élevé des personnels permet de concilier prescriptions et réalités du terrain.
Les I.U.F.M sont tiraillés entre l’Université et le lieu où le métier s’apprend. Les formations devraient viser à amener les sujets à être capables alors qu’elles forment à savoir. Les collègues devraient pouvoir dire « je peux » avant de dire « je sais ». La connaissance devrait être une ressource au service de l’activité et non pas son unique source. La compétence est faite de savoirs d’usage mais l’activité des enseignants doit rester le moteur de la formation.
Après ces observations, F.Saujat décrit l’activité enseignante et son développement. Les jeunes collègues T1 ou T2 ont l’impression de se livrer à un bricolage pour lequel ils n’ont pas d’outils ni de techniques. Ils pensent alors qu’il n’y a pas d’héritage à attendre et qu’ils doivent tout inventer. Cette situation leur donne l’impression d’être livrés à eux-mêmes. Au début de leur carrière, ils ne se demandent pas s’ils doivent choisir entre théorie ou pratique, ils cherchent avant tout des réponses à des questions, mais en T1, il n’y a plus personne pour y répondre. Deux sentiments dominent alors chez eux, l’usage de soi et un sentiment de fatigue.
F.Saujat a mis en place avec une équipe de formateurs un nouveau dispositif. Celui-ci permet une observation entre les néo-titulaires. Des équipes de deux T1 sont constituées et chacun des collègues est filmé dans sa classe. Les séances sont ensuite visionnées lors de regroupements du binôme. Chaque enseignant se retrouve alors en position d’observateur et peut voir chez un collègue des difficultés et des réussites qui sont souvent les mêmes que les siennes. Lors de ces séances, le formateur n’est pas présent. Il intervient dans la phase suivante où les néo doivent émettre des propositions pour palier les situations qui posent problème. Cela a pour conséquences de placer la pratique enseignante au coeur de la formation et de sortir les néo de leur isolement.
Le but de ces ateliers est de permettre aux jeunes enseignants de passer du « genre débutant » au « genre expérimenté ». On peut les aider à identifier les gestes professionnels qui sont acquis par les plus anciens pour gérer une classe. Ce modèle de transmission s’est délité depuis les Ecoles Normales en raison notamment des prescriptions descendantes (Etat) mais aussi des prescriptions ascendantes ( élèves et familles). Les Ecoles Normales donnaient des « normes », c’est à dire des ressources collectives, ce que les I.U.F.M ne font plus. Ils ont tendance à inviter chacun à s’interroger sur sa pratique pour s’en construire une propre. Pour autant, l’héritage des « expérimentés » est très utile. Cela dit, il ne suffit pas de montrer ce que font les anciens, reproduire un modèle pour passer au niveau expérimenté. C’est ce que propose la future formation avec le compagnonage. Il faut mettre en place des ressources intermédiaires, identifier les gestes professionnels. En fait, il faut apprendre aux néo à « prendre » la classe avant de « faire » la classe.
Si la pratique enseignante ne fait pas l’objet d’une transmission ou d’un apprentissage, les néo auront des conduites de surcompensation. Ils risquent de chercher avant out des situations qui leur permettront d’avoir une paix relative dans la classe. Dans ce cas, les élèves ne sont pas l’objet du débutant, ils ne sont qu’un outil pour apprendre le métier. Les taches demandées ont d’abord un effet cadrant, elles ne font pas apprendre.
C’est un enjeu d’une importance capitale. La formation des enseignants ne peut se réduire à la seule théorie ou à la seule pratique mais à la recherche permanente d’articulations entre les deux.

 

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