www.snuipp.fr

SNUipp-FSU de la Nièvre (58)

Thèmes abordés


Vous êtes actuellement : Métier 

fontsizeup fontsizedown impression s'abonner  à la rubrique {}
6 novembre 2009

Enseigner les sciences : Pourquoi ? comment ? Conférence donnée par Yves Quéré le 24 octobre dernier dans le cadre de la 9ème Université d’Automne du SNUipp

Yves Quéré a été physicien à l’Ecole Polytechnique. Membre de l’Académie des Sciences, il a été élu, en 2000, co-président de l’InterAcademyPanel (IAP), qui est l’assemblée des Académies des Sciences dans le monde. Avec Georges Charpak ( Prix Nobel de Physique ) et Pierre Léna, il s’est investi, depuis 1996 dans la rénovation de l’enseignement des sciences à l’école : « La main à la pâte ». À ce titre, il est amené à donner de très nombreuses conférences, en France et à l’étranger où La main à la pâte est de plus en plus pratiquée ( Brésil, Canada, Chine, Colombie, Égypte, Suisse, Turquie…).

Pourquoi enseigner les sciences ?

En 1996, seulement 3% des enseignants pratiquaient les sciences à l’école. Devant ce constat, Ms Charpak, Quéré et Léna intervinrent auprès du ministre de l’Education, un certain François Bayrou qui leur posa alors les 2 questions essentielles : Pourquoi et comment ?

A la première question, Yves Quéré propose 2 pistes de réflexion :

Premièrement, il s’agit de familiariser l’enfant à son environnement, qu’il soit naturel ou transformé par l’Homme, grâce à la connaissance.

La seconde raison est d’ordre culturelle : les sciences permettent une ouverture sur le monde et favorisent le questionnement : « Je ne sais pas ....Mais je voudrais savoir, comprendre ».

Comment peut on enseigner les sciences ?

Il existe 2 modes de transmission du savoir.

Premièrement, le savoir frontal, vertical du haut ( l’enseignant), vers le bas ( l’élève). Un des exemples cité par M Quéré est le suivant : l’enseignant dicte la phrase : « L’eau bout à 100°C ». Rien n’est vérifié, les élèves acceptent cette affirmation et tentent entre eux dans la cour de récréation d’y apporter du sens : « C’est chaud 100°C ? » « C’est à cause de la boue »...

Le second mode de transmission est horizontal, il consiste à amener les élèves à découvrir un phénomène.

Prenons le même exemple du point d’ébullition de l’eau. Des élèves de cycle 3 ont observé l’eau dans une casserole sur un réchaud et ont mesuré l’évolution de sa température toutes les minutes, ils ont construit un graphique et observé qu’à partir de 100°C, l’eau était à ébullition mais que, même si l’on continuait à chauffer le récipient, la température n’augmentait plus. Les élèves ont alors émis différentes hypothèses : « Le réchaud ne fonctionne plus », « Le thermomètre est en panne »... Aucune des hypothèses émises par les élèves n’est écartée à priori mais on aide les élèves à trouver des solutions : exemple « Changeons de thermomètre ».

On arrive en fin de compte à la même conclusion que l’affirmation précédemment donnée par le maître « L’eau bout à 100°C » à la grande différence près que les enfants l’ont expérimentée !

De manière générale, la démarche de la main à la pâte est la suivante :

1> Partir de questions des enfants ou proposer une situation qui va favoriser un questionnement

2> Ne pas répondre à la question mais renvoyer cette interrogation aux élèves qui vont émettre des hypothèses. Il est important de n’exclure aucune hypothèse des élèves au départ.

3> En référence à Galilée « Il faut questionner la nature », réaliser une expérience, un « dialogue » avec la nature.

4> Interpréter et faire noter aux élèves ce qu’ils viennent de réaliser.

On constate, lorsque l’on confronte les élèves à ce type d’activité, que les interactions sont nombreuses avec les autres matières :

- les Mathématiques ( analyse de données, graphiques...)

- l’Education civique : travailler en groupe, accepter l’Autre et son opinion, s’ouvrir sur le monde

- l’Histoire qui permet de replacer les découvertes dans leur contexte

- enfin et surtout le Langage, notamment dans l’utilisation d’une syntaxe mettant en jeu les relations de causalité ( J’observe ceci DONC je déduis...).

Aujourd’hui, près de 40% des enseignants pratiquent les Sciences. La démarche scientifique de « la main à la pâte » s’est propagée dans de nombreux pays à travers le monde. Cependant la diminution du volume horaire hebdomadaire de l’enseignement risque de nuire à la pratique des Sciences dans les classes. M Quéré souligne que si l’on effectue une expérimentation par mois, c’est déjà beaucoup et qu’il n’est pas nécessaire d’avoir fait des études scientifiques pour amener les élèves à réfléchir ( les séances les plus intéressantes auxquelles il a assisté avaient été réalisées par des enseignants de formation littéraire). Enfin il ne faut pas hésiter à avouer aux élèves « Je ne sais pas .... Mais... » Les BCD, internet peuvent permettre de rechercher une information. Gardons à l’esprit que c’est ce « Mais » qui favorise le questionnement et développe l’esprit critique.

Bibliographie L’enfant et la Science. L’aventure de La main à la pâte, G.Charpak, P.Léna , Y.Quéré. Editions Odile Jacob. Site internet la main à la pâte

 

8 visiteurs en ce moment

*Top

SNUipp 58

Bourse du travail 2, boulevard Pierre de Coubertin 58000 NEVERS

Tel : 03 86 36 94 46 courriel : snu58@snuipp.fr


©Copyright 2006 - SNUipp-FSU de la Nièvre (58), tous droits réservés.