www.snuipp.fr

SNUipp-FSU de la Nièvre (58)

Thèmes abordés


Vous êtes actuellement : Métier 

fontsizeup fontsizedown impression s'abonner  à la rubrique {}
11 avril 2014

La médicalisation de l’échec scolaire, avec Stanislas Morel

Une nouvelle fois, le SNUipp-FSU 58 donne la parole aux chercheurs. Le samedi 12 avril prochain, de 9 heures à 12 heures, au 7ème étage de la bourse du travail à Nevers, Stanislas Morel, maître de conférences à l’université de Saint-Étienne, sociologue, sera à Nevers pour parler « médicalisation de l’échec scolaire ». Nous vous attendons nombreux pour venir en débattre. Entretien avec Stanislas Morel.

Stanislas Morel, vous parlez de médicalisation de l’échec scolaire, de quoi s’agit-il ?
Il désigne le fait d’appréhender les élèves en échec scolaire comme des patients. Il y a médicalisation chaque fois que les élèves sont reçus par des professionnels du soin, que ce soit dans le domaine médico-social comme dans les CMPP ou dans les centres de référence du langage.

Ce phénomène est-il nouveau ?
Non, les approches médico-psychologiques des difficultés scolaires remontent à la fin du XIXème siècle. Ce qui est nouveau, c’est l’ampleur du phénomène. La tentation est aujourd’hui grande d’imputer l’échec des fameux 15 à 20 % d’enfants en difficulté à des troubles médico-psychologiques, à des « besoins éducatifs particuliers » principalement définis à partir de critères médicaux.

Comment expliquez-vous cette évolution ?
Elle est d’abord la conséquence directe de la montée en puissance des neurosciences cognitives au détriment de la psychanalyse et des sciences sociales. Elle résulte aussi des redéfinitions de l’échec scolaire qui favorisent les réponses médico-psychologiques. Le recours à des professionnels du soin procure aux enseignants des solutions opératoires : on identifie une difficulté, un spécialiste, un traitement. Les familles jouent enfin un rôle central car elles tendent à s’approprier certains diagnostics peu stigmatisants (troubles spécifiques des apprentissages ou précocité intellectuelle) pour revendiquer des adaptations scolaires.

Quels sont les effets de cette médicalisation ?
Les lieux de production des savoirs pédagogiques s’éloignent du monde scolaire. Sur la lecture, Stanislas Dehaene, psychologues cognitiviste, a davantage d’audience que Roland Goigoux, professeur de science de l’éducation...

La médicalisation apporte-t-elle des solutions à l’échec scolaire ?
Les neurosciences le prétendent. Mais elles vont devoir administrer la preuve de l’efficacité de leurs approches au sein des classes. Ce qui est loin d’être évident...

Qui peut participer à une réunion d’information syndicale ?
Tout le monde ! Syndiqués ou non, tous les instituteurs, professeurs des écoles, directeurs, titulaires, stagiaires…

Est-ce un droit ?
Oui ! Le décret du 28 mai 1982, qui régit l’exercice du droit syndical pour tous les fonctionnaires prévoit explicitement ces réunions. Le Ministère de l’Education Nationale a confirmé ce droit par un décret du 12 juin 1987 qui prévoit deux demi-journées par an dans les écoles.

Sur quel quota prendre ces heures de RIS ?
Sur les 108 heures. Sur les heures d’animation pédagogique (à la place d’une conférence, d’un module ou d’une autre animation…) ou sur la journée de solidarité.
L’IA-DASEN a été informé par nos soins de la tenue de la réunion. Une attestation de présence vous sera fournie.

 

8 visiteurs en ce moment

*Top

SNUipp 58

Bourse du travail 2, boulevard Pierre de Coubertin 58000 NEVERS

Tel : 03 86 36 94 46 courriel : snu58@snuipp.fr


©Copyright 2006 - SNUipp-FSU de la Nièvre (58), tous droits réservés.