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2 juillet 2014

« LA PÉDAGOGIE N’EST PAS UNE DISCIPLINE LÉGITIME »

L’enseignement serait-il devenu quelque chose de trop sérieux pour être confié aux enseignants ? En paraphrasant Clémenceau qui disait que « la guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires », Stanislas Morel, sociologue invité par le SNUipp-FSU 58, a planté le décor. Et dénoncé la médicalisation à outrance de l’échec scolaire.

C’est à un exposé passionnant que les participants à la réunion d’informations syndicales ont assisté le samedi 12 avril dernier à Nevers. En invitant Stanislas Morel, maître de conférences à l’université de Saint-Étienne, l’équipe du SNUipp-FSU 58 avait vu juste.

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Dans son propos, le sociologue a dénoncé le transfert de légitimité pédagogique du monde enseignant vers d’autres spécialistes, en raison du retour en force des critères médicaux.
Aujourd’hui, les neurosciences cognitives apparaissent en effet comme les sciences dominantes. En choisissant de « caractériser les troubles spécifiques du langage » (la fameuse constellation des « dys » selon Morel, dyslexie, dysorthographie...), ils s’opposent aux sociologues qui estiment de leur côté que l’échec scolaire est en grande partie le résultat des inégalités sociales.
De ce fait, on assiste à une explosion démographique des professionnels du soin, qui n’arrivent même pas à répondre à la demande.

Comment expliquer cette médicalisation ?

Tout d’abord, les parents jouent un rôle décisif. En se présentant aux enseignants avec une ordonnance, ils « s’arrogent la légitimité médicale ». Et il est « plus glorieux d’invoquer des troubles spécifiques des apprentissages, ou une précocité, que de reconnaître une déficience ou des difficultés dues à l ’éducation », selon Stanislas Morel. De même, la redéfinition de l’échec scolaire, avec le recentrage sur les savoirs fondamentaux (« on ne parle plus d’émancipation de l’élève » a noté justement un participant à la conférence), et les injonctions à l’individualisation et à la différenciation participent à cette médicalisation de l’échec scolaire. Surtout, « plus on va réduire les RASED, plus on va envoyer les élèves chez l’orthophoniste ». D’ailleurs, pendant le débat qui a suivi l’exposé de Stanislas Morel, un enseignant a reconnu que « c’est devenu plus rassurant pour des enseignants pas formés et sans RASED complet à leur disposition, d’être invité à externaliser la difficulté scolaire ».

Cette médicalisation traduit un double transfert de la légitimité pédagogique : des sciences humaines et sociales vers les sciences expérimentales (en gros de Roland Goigoux à Stanislas Dehaene), et des enseignants aux médecins. La relation avec ces derniers est inégalitaire et même la maîtrise pédagogique tend à échapper aux enseignants, avec en corollaire un danger : la perte de notre autonomie et de notre crédibilité. Face à cette dévalorisation du métier, il est urgent que les enseignants reprennent la main, et soient de nouveau reconnus comme des professionnels !

 

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